Donald Trump annonce une « pause » de 60 jours sur les cartes vertes

Le président américain a annoncé mardi qu’il allait suspendre les demandes de cartes vertes pour 60 jours. Objectif : « donner la priorité au travailleur américain » pendant la crise économique liée au Covid-19, selon lui. Les visas de travail temporaires ne seront pas concernés.

Après son annonce effectuée la veille, le président américain a précisé mardi 21 avril la manière dont il comptait « suspendre » l’immigration aux États-Unis. Donald Trump a ainsi annoncé une « pause » de 60 jours qui s’appliquera aux demandes de cartes vertes (résidents permanents) mais pas aux visas de travail temporaires.

Cette mesure, qui fera l’objet d’un décret, sera « probablement » signée mercredi, a-t-il ajouté depuis la Maison Blanche. Une éventuelle extension de la mesure sera examinée à l’issue de la période de 60 jours, a-t-il précisé.

Cette suspension s’inscrit dans le cadre de la crise économique mondiale liée à la pandémie de coronavirus. « Cette pause sur l’immigration placera les Américains sans emploi en première ligne pour les emplois au fur et à mesure de la réouverture de l’Amérique. Il serait injuste que les Américains soient remplacés par une main d’œuvre venue de l’étranger », a-t-il martelé. « Nous devons donner la priorité au travailleur américain », a-t-il insisté.

Le chômage explose

Donald Trump avait rédigé lundi soir un tweet annonçant une suspension de l’immigration en des termes extrêmement vagues. « À la lumière de l’attaque de l’Ennemi Invisible, et face à la nécessité de protéger les emplois de nos GRANDS citoyens américains, je vais signer un décret présidentiel pour suspendre temporairement l’immigration aux États-Unis ! », avait-il écrit.

La première économie mondiale est confrontée à des chiffres inimaginables il y a encore quelques semaines : elle compte 22 millions de nouveaux inscrits au chômage. Selon les chiffres officiels, les États-Unis ont accordé le statut de résident permanent quelque 577 000 personnes lors de l’année fiscale 2019. Le nombre de visas temporaires s’est lui élevé à 462 000, en net recul par rapport aux 617 000 accordés en 2016.

« Détourner l’attention »

L’élu du Texas Joaquin Castro a dénoncé une manœuvre « visant à détourner l’attention de l’échec de Trump à arrêter la propagation du coronavirus ». « C’est aussi une décision digne d’un régime autoritaire pour profiter d’une crise afin de pousser son programme anti-immigration », a-t-il ajouté.

Son collègue Jerry Nadler a déploré que le président ait choisi de faire des migrants les boucs émissaires de la crise actuelle. « La réalité est que nombre de migrants sont en première ligne et nous protègent : médecins, infirmières, aides-soignants, ouvriers agricoles, employés de la restauration. »

Si, comme c’est probable, le débat se place sur le terrain judiciaire, les débats seront suivis avec une attention particulière.

La Cour suprême a, ces derniers mois, accordé plusieurs victoires significatives à l’administration Trump en matière d’immigration. Il y a un mois, elle l’a autorisé à poursuivre une politique qui a permis de renvoyer au Mexique plus de 60 000 demandeurs d’asile.

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