RDC: tollé après la libération de deux détenus du procès des «100 jours»

Les deux condamnés devait construire des routes dans les villes de Goma et de Bukavu dans l'Est de la RDC. Vue aérienne de Goma (Image d'illustration). MONUSCO/Michael Ali

Deux des trois condamnés en juin 2020 pour détournements de fonds dans l’affaire «des 100 jours» ont été libérés vendredi, en même temps que les 23 détenus condamnés  par un tribunal militaire pour l’assassinat de l’ancien chef de l’État Laurent-Désiré Kabila en 2001. Ces deux libérations ont provoqués un

Ils avaient été reconnus coupables du détournement de quelque 12 millions dollars destinés à la construction des routes dans les villes de Goma et Bukavu. Le directeur général de l’Office des voiries et drainage, Benjamin Wenga et Modeste Makabuza de la société congolaise de construction (SOCOC) avaient été condamnés respectivement à des peines de 5 ans et deux ans et demi en dernière instance.

Mais ils ont quitté le centre pénitencier de Kinshasa vendredi dans la soirée, soit 5 mois après leur condamnation. Leurs avocats affirment qu’ils font partie des bénéficiaires de la grâce présidentielle quand d’autres sources judiciaires parlent d’une libération conditionnelle.

Les ONG anti-corruption scandalisées

« Un scandale ! », s’exclame Georges Kapiamba de l’ACAJ, l’Association congolaise pour l’accès à la justice. Pour lui, non seulement l’ordonnance portant mesure de grâce collective exclue les personnes condamnées pour détournement des deniers publics, mais ce juriste rappelle que même la décision judiciaire qui avait été prise à leur encontre, excluait toute la remise de peine ou la libération conditionnelle. « Ces deux personnes doivent retourner en prison », conclut Maitre Kapiamba

L’Observatoire de la dépense publique, cette ONG qui avait alerté sur les malversations financières dans le contrat, s’indigne également. C’est un mauvais signe « pour la lutte contre la corruption. Quel message envoie-t-on à ceux qui continuent à piller le pays », s’exclame l’ONG.

Pour son patron, Florimond Muteba, ces libérations plongent le pays dans la culture de l’impunité. Joint par RFI, le ministre intérimaire de la Justice Bernard  Ngumbi, promet de réagir ultérieurement, quand déjà des ONG comme l’ACAJ exigent des poursuites à son encontre. 

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire